Image of a globe in the grass with the Pay Equity Offices' logo on the top left corner.Au fil des ans, de nombreuses publications ont tiré la sonnette d’alarme sur les effets des changements climatiques et sur les répercussions négatives qu’ils ont sur les femmes à l’échelle mondiale. Plus précisément, les catastrophes induites par le climat ainsi que l’épuisement et la pollution des ressources naturelles affectent les moyens de subsistance, la sécurité et la sûreté des femmes vivant en milieu rural dans les pays sous-développés. La situation est très préoccupante, et pourtant l’impact immédiat des changements climatiques sur les femmes de l’Ontario semble beaucoup plus lointain. En effet, nous sommes extrêmement privilégiés car nos moyens de subsistance sont moins précaires et nos ressources sont plus abondantes. Malgré cela, un problème grave se cache sous la surface : les femmes restent sous-payées et sous-représentées dans les postes clés qui mènent la lutte contre les changements climatiques, notamment dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Ce potentiel inexploité est une occasion manquée flagrante, car les femmes canadiennes se soucient beaucoup des changements climatiques et les recherches suggèrent que les femmes sont plus engagées dans la lutte contre les changements climatiques. Alors que nous commémorons cette année la #JournéeDeLaTerre vendredi, nous cherchons à #InvestirDansNotrePlanete en investissant dans l’égalité des sexes.

L’économie verte présente un énorme potentiel de croissance, mais l’écart entre les hommes et les femmes dans le domaine des STIM reste supérieur à la moyenne nationale.

Alors que le monde se tourne vers un avenir durable, il existe d’importantes possibilités pour les technologies vertes qui non seulement atténuent les pires effets des changements climatiques, mais stimulent également l’économie. La contribution des technologies propres au PIB du Canada devrait passer de 26,7 milliards de dollars en 2016 à près de 80 milliards de dollars en 2025 (gouvernement du Canada, 2018). Et pourtant, malgré cette croissance rapide et exponentielle, l’écart entre les sexes dans les professions des STIM demeure important au Canada. Selon les données du recensement de 2016, les femmes représentaient moins du tiers (28 %) des travailleurs dans les domaines des STIM. En outre, l’écart salarial entre les sexes dans les STIM est considérable. Selon une étude portant sur les revenus des récents diplômés du baccalauréat au Canada, les femmes gagnaient de 21 à 23 % de moins que les hommes dans les domaines de l’agriculture, des ressources naturelles et de la conservation, des mathématiques et de l’informatique, et des sciences de l’information, ce qui se traduit par une différence moyenne de 15 000 $ CA (Conseil de l’information sur le marché du travail, 2020). À titre de comparaison, l’écart salarial moyen entre les sexes dans tous les secteurs du Canada en 2021 était de 11 % (Statistique Canada, 2021).

À quoi ressemble l’écart entre les sexes à travers le prisme de la lutte contre les changements climatiques ?

Si les femmes ne sont pas bien représentées dans la lutte contre les changements climatiques, les solutions pour l’atténuer et s’y adapter auront sans aucun doute un fort biais sexiste. Autrement dit, les solutions sont susceptibles de profiter davantage aux hommes, laissant les femmes se débrouiller seules dans la foulée. Ce phénomène est connu comme indifférence à la distinction des sexes. Dans son livre Femmes invisibles : Comment le manque de données sur les femmes dessine un monde fait pour les hommes, Caroline Criado Perez démontre à plusieurs reprises comment des projets qui manquent de conscience de la distinction des sexes ont un impact négatif sur les femmes du monde entier. Dans un exemple, Perez fait référence à la façon dont les horaires de déneigement, qui ne tiennent pas compte des différences entre les sexes, à Karlskoga, en Suède, ont conduit à ce que les femmes représentent la majorité des accidents causés par la neige, car elles sont plus susceptibles d’utiliser les trottoirs. Dans un monde futur où les conditions météorologiques deviennent plus extrêmes en raison des changements climatiques, comment l’adaptation au climat qui ne tient pas compte de la distinction des sexes affectera-t-elle la vie quotidienne des femmes?

Que pouvez-vous faire pour investir dans les femmes et notre planète ?

On ne saurait trop insister sur l’importance de la représentation. Le gouvernement de l’Ontario, le gouvernement du Canada et les institutions d’enseignement de l’Ontario ont mis en place un certain nombre d’initiatives visant à accroître la participation des groupes sous-représentés aux STIM. Explorez ces initiatives et encouragez les filles et les femmes de votre entourage (ou vous-même!) à participer.

Si vous êtes dans une position de prise de décision dans un milieu de travail STIM, efforcez-vous de diversifier votre équipe. Cela peut signifier la mise à jour des processus de recrutement et des politiques de ressources humaines afin de garantir l’inclusion dans les pratiques d’embauche et de gestion. Heureusement, les recherches montrent que les équipes d’entreprises diversifiées sont plus rentables.

En outre, garantir une rémunération juste et égale a le potentiel de promouvoir davantage la diversité et de stimuler l’économie. Selon McKinsey, la réduction de l’écart entre les sexes pourrait ajouter entre 12 et 28 000 milliards de dollars au PIB mondial. La réalisation d’audits réguliers en matière d’équité salariale sur le lieu de travail peut aider à découvrir et à combler les écarts salariaux existants.

Visitez le site Web du Bureau de l’équité salariale pour en savoir plus sur l’écart salarial entre les sexes et sur la justice économique des femmes.